Paire de cabriolets en noyer, époque Louis XV

Sans doute Suisse, Fribourg, vers 1760

Paire de cabriolets
Noyer naturel
Sans doute Suisse, Fribourg
Epoque Louis XV, vers 1760
62 x 58 x 87 cm [L x P x H]
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Cette très jolie paire de cabriolets est charmante à plus d'un titre.
D'abord la forme, très harmonieuse, qui associe un dossier violoné, une ceinture généreusement chantournée et d'élégants accotoirs en coup de fouet.
La sculpture, ensuite, parfaitement maîtrisée, avec une mouluration nerveuse sobrement enrichie de fleurettes sur la ceinture avant et au sommet des pieds antérieurs, d'acanthes aux extrémités des pieds avant et d'agrafes de feuillage sur le cintre des dossiers. À noter que le motif floral sculpté au sommet des dossiers est délicatement prolongé en gravure de part et d'autre.
Le noyer choisi par le menuisier, enfin, d'excellente qualité et sublimé par une patine séculaire.
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Cette paire de cabriolets, qui provient d'une famille patricienne aux origines bernoise et fribourgeoise, figure dans un inventaire familial illustré réalisé en 1961, sous les numéros 3 et 4 :
2 fauteuils Louis XV de l'époque, travail / bernois, genre rustique, en noyer d'Italie / Dimensions: 58 x 52 [sic] x 87 cm [nous remercions chaleureusement la famille pour son autorisation de publication].
Ces fauteuils, pourtant, ne semblent pas être bernois. Bien que la production des meubles en général et des sièges en particulier soit assez mal connue pour la Suisse du XVIIIe siècle, les créations bernoises ont toutefois bénéficié de quelques éclairages parmi lesquels il est difficile de distinguer des formes similaires à celles de nos cabriolets.
Par contre, il pourrait bien s'agir d'une fabrication fribourgeoise, et nous remercions vivement M. Papon pour son très aimable avis sur le sujet. Certes, l'histoire suisse de la menuiserie en sièges au XVIIIe reste à écrire, comme nous l'avons dit, mais nos cabriolets correspondent assez bien à l'idée qu'on peut se faire actuellement de la production fribourgeoise - comme on pourra en juger sur la photo de détail d'un fauteuil justement attribué par la maison Papon aux ateliers fribourgeois.
À noter également un détail technique qui semble signer leur origine suisse: l'absence de chevilles sur les masses des pieds antérieurs. Les pieds sont en effet raccordés à la ceinture par un simple assemblage à tenon et mortaise, renforcé à la colle; assemblage que nous avons pu constater sur plusieurs sièges assurément suisses, comme par exemple sur une très belle suite de chaises à châssis, également en noyer naturel.
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Cette paire de cabriolets est en très bel état. Elle n'a jamais été garnie à ressort.
Les bois ont été attentivement examinés, restaurés et cirés par notre ébéniste.
Ils ont été recouverts du lampas Oiseaux et Fleurs à fond vert de la maison Germain, à Lyon.
 

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