Petite verseuse égoïste armoriée, XVIIIe

François Corbie, Paris vers 1785

Petite verseuse égoïste tripode
peut-être pour un nécessaire de voyage
Argent massif ~957/1000
Manche amovible en ébène
Orfèvre François Corbie, reçu maître en 1777
Paris, vers 1785
Hauteur: 13,5 cm
Poids: 184g
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Bon état général
Léger décabossage en partie inférieure, d'où des poinçons partiellement effacés. Le poinçonnage reste par contre lisible dans le couvercle (charge, décharge, orfèvre) et en bordure de verseuse (décharge):
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Poinçons réglementaires pour Paris, de septembre 1782 au 23.02.1789, régie de Henry Clavel & Jean-François Kalendrin:
- Poinçon de charge pour les gros ouvrages d'argent (Un A couronné) [Bimbenet-Privat n°520, p.156];
- Poinçon de décharge pour les menus ouvrages d'argent, insculpé jusqu'au 8 mars 1786 (Une tête de paysanne) [Bimbenet-Privat n°523, p.156 & Dennis n°66d, p.44];
- Le poinçon de jurande est effacé; on devine cependant la forme de la couronne, qui renvoie aux poinçons utilisés à partir du 17 juillet 1784 (P couronné & millésimé).
La fabrication de notre verseuse se situe donc entre le 17 juillet 1784 et le 8 mars 1786 (abandon du poinçon tête de paysanne au profit de la tête de perroquet).

Poinçon du maître-orfèvre François Corbie, reçu maître en 1779 et toujours mentionné en 1793 (Fleur de lys couronnée, deux grains, les lettres FCB et pour devise un épi de blé) [Nocq p. 296, avec reproduction du poinçon].

Le musée Nissim de Camondo conserve dans ses collections une timbale de cet orfèvre [1781-1782, voir Mabille n°72, p.53]; on retrouve également le poinçon de François Corbie sur certaines pièces du nécessaire de voyage offert par la reine Marie-Antoinette à sa première femme de chambre, Madame Auguié de Lascans [vente Christie's du 3.11.2015].
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Le corps de la verseuse est gravé d'armoiries d'alliance sous couronne de marquis:
À dextre:
- D'azur à trois épées en pal d'argent, celle du milieu renversée, chargées d'une fasce d'or brochant, qui sont de Ferrand de Saligny [Chaix d'Est-Ange, p.55]
À senestre:
- D'azur à la fasce d'argent, chargée de trois roses du même, accompagnées de trois écots d'or, qui sont de Lauverjat [d'Eschavannes, p.241 avec, en variante, des roses de gueules]

Ces armoiries peuvent renvoyer à l'union, le 15 novembre 1775, de Jacques-Gabriel Ferrand de Saligny (1740-1814), commissaire du Roi à l'administration provinciale du Berry, avec Marie-Anne de Lauverjat (1753-1830), sa seconde épouse.
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Références
- Michèle Bimbenet-Privat et Gabriel de Fontaines, La datation de l'orfèvrerie parisienne sous l'Ancien Régime, Paris-Musées 1995
- Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables, XVIII, Evreux 1922 [consultable en ligne]
- Faith Dennis, Three Centuries of French Domestic Silver, tome II, The Metropolitan Museum of Art, New York 1960
- Jouffroy d'Eschavannes, Armorial universel, Paris 1814 [consultable en ligne]
- Gérard Mabille, Orfèvrerie française des XVIe, XVIIe XVIIIe siècles, Musée des Arts Décoratifs, Paris 1984
- Henry Nocq, Le poinçon de Paris, tome I, Léonce Laget, Paris 1968

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