CUILLÈRE À SUCRE ou SAUPOUDREUSE
Argent massif (~958/1000)
Orfèvre François Lamiche, reçu maître en 1717
Rare modèle à filets & spatule violonée, coquilles et agrafes
Armoiries Rochefort d'Ally
Epoque Louis XV
Paris, 1745-1746
Longueur: 20,6 cm
Diamètre du cuilleron: 6,8 cm
Poids: 92 g
Notre cuillère est intéressante à plus d'un titre: sa date précoce, en 1745-1746 (les premiers modèles de cuillères à sucre datent de 1729-1730); le riche décor de sa spatule violonée, à coquilles et agrafes et le repercé du cuilleron, très original dans la production parisienne.
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Poinçon de maître
• Fleur de lys couronnée, deux grains, F L, une feuille d'eau pour François Lamiche (ou La Miche) [Nocq III p.18 pour la notice & Nocq V supplément, p.23 pour le dessin du poinçon].
François Lamiche demeure rue Saint-Louis, paroisse de Saint-Barthélémy quand il fait insculper son poinçon le 20 janvier 1717. D'après la notice de Nocq, Lamiche "tombe en démence" à la fin de l'année 1751 et se réfugie chez son gendre Jean-Henri Caumartin, également orfèvre. Cependant Nicolas-Martin Langlois, qui est encore apprenti chez Claude Ballin (et qui deviendra un célèbre cuillériste), travaille sous le poinçon de Lamiche avant que la Cour ne les condamne solidairement, Lamiche et lui, à 100 livres d'amende après avoir saisi le poinçon et confisqué 7 marcs d'ouvrage.
Il ne figure plus dans les listes en 1753.
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Poinçons réglementaires pour Paris, du 1er octobre 1744 au 1er octobre 1750
• Poinçon de charge pour les gros ouvrages d'argent (Un A couronné) [Bimbenet-Privat n°394, p.128];
• Poinçon de décharge pour les menus ouvrages d'or et d'argent (Une tête de saumon) [Bimbenet-Privat n°397, p.128];
• Poinçon de jurande insculpé du 27 novembre 1745 au 28 novembre 1746 (E couronné) [Bimbenet-Privat n°404, p.129].
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Armoiries
Sous une couronne comtale, de gueules, à la bande ondée d'argent, accompagnée de six merlettes mises en orle.
Devise: Per iter (ou sic itur ?) ad astra
Ces armoiries renvoient à la famille auvergnate Rochefort d'Ally, citée dès le début du XIe siècle et éteinte en 1855 en ligne masculine.
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Références
• Michèle Bimbenet-Privat et Gabriel de Fontaines, La datation de l'orfèvrerie parisienne sous l'Ancien Régime, Paris-Musées 1995
• Henry Nocq, Le poinçon de Paris, tome III et Supplément V, Léonce Laget, Paris 1968
REF : 758
Vendu