Chaise à porteurs

vers 1770

Chaise à porteurs dite "de beau temps"
Comtesse Rolland Chambaudoin d'Erceville

Vraisemblablement Sud-Est de la France, vers 1770

Exceptionnelle chaise à porteurs dans son état d'origine.

Description
Panneaux peints de motifs floraux encadrés de rubans à noeuds.
Armoiries d'alliance peintes sur le panneau arrière.
Montants et traverses en bois sculpté vernis à l'or.
Intérieur en velours d'Utrecht gaufré au cylindre, très probablement de la Manufacture royale d'Amiens, entièrement d'origine, ainsi que le coussin et le dais agrémenté de ses passementeries.
Un espace entre la caisse et le dais servait à y loger des stores déroulants (ici disparus; il reste, sous la fenêtre droite, le petit crochet qui permettait de maintenir le store baissé).
Vitres coulissantes (une complète, deux brisées). Les chaises équipées de ces vitres coulissantes sont dites "de beau temps".
Toit en cuir dit à "quartiers d'orange", fixé au châssis par des clous de bronze et enrichi, aux quatre angles, de pinacles ajourés en bronze massif qui viennent parachever le bois sculpté des montants.
Les deux bâtons de transport sont présents (l'un complet mais fragile, le second incomplet)

Propriétaire et datation
Des armoiries d'alliance sont peintes sur le panneau arrière, ce qui permet de déterminer que le propriétaire de cette chaise était une femme. Si les armoiries de Madame ne sont pas identifiées, celles de Monsieur renvoient à la branche principale de la famille Rolland Chambaudoin d'Erceville, originaire du Languedoc et établie à Paris (D'azur, au chevron d'or, surmonté de trois étoiles du même rangées en chef, et accompagné en pointe d'une levrette courant, aussi d'or, colletée d'un collier de gueules, bordé et bouclé d'or).

Cette branche parisienne a obtenu du roi Louis XV le titre de comte en 1770. Comme les armoiries sont surmontées d'une couronne comtale, elles nous permettent de dater cette chaise du dernier tiers du XVIIIe siècle, soit vers 1770-1775.

Cette datation est confirmée par le décor peint, où l'influence du style Louis XVI se devine dans le traitement des rubans dorés à noeuds, alors que la caisse elle-même reste fidèle aux canons esthétiques du milieu du siècle.

Rapport de condition
Etat d'origine.
Certains panneaux présentent des retraits (bas du panneau supérieur de la porte, haut du panneau médian du côté gauche, haut du panneau supérieur arrière). La peinture présente quelques manques et décollements (principalement haut du côté gauche).
Les vernis et la dorure des bois sont sales.
La vitre gauche est complète; celles de droite et de la porte sont brisées. Le châssis de la fenêtre de la porte doit être restauré (toutes les pièces sont présentes).
Le velours est en excellent état (quelques trous de mites sans gravité).
Il manque les accotoirs.
Attaques anciennes de xylophage sur la caisse en haut et en bas de la porte.
Revêtement de sol en cuir clouté d'origine.
La planche du siège sous le coussin n'est pas d'origine.

(Photos Gilles Valéry Vuissoz)

Comparatif
Le château de Villarceaux (Val d'Oise, France) conserve dans ses collections une chaise à porteurs tapissée du même velours d'ameublement.
Au Musée de Grasse, une chaise à porteurs, provenant de l'ancien hôtel Lombard de Gourdon, présente une forme très semblable à la nôtre.
Ces courbes élégantes se retrouvent également sur la chaise de Jean-Baptiste de Brancas (né à Pernes-les-Fontaines en 1693, mort à Aix en 1770), archevêque d'Aix de 1729 à 1770, conservée au Musée des Tapisseries d'Aix-en-Provence (ancien archevêché).

Ces deux dernières occurrences semblent indiquer que nous devons cette forme très gracieuse aux ateliers de selliers-carrossiers du Sud-Est de la France.

 



 

REF : 205
Vendu

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